Quelques témoignages sur l'histoire du peuplement de l'Adrar des Iforas

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Photo de la collection Lucien Crouzet

Inscriptions de tifinagh dans la région

d' ES SOUK

Ces inscriptions étaient souvent de petits poèmes d'amour. Et lors des invasions Arabes, elles servaient au camouflage et repérage des puits.

Des prosélytes : missionnaires, marchands, guerriers ... venant du Maghreb, commencèrent l'islamisation des souches berbères.

Taddemekket ou Es Souk ( qui signifierait en forme de Mecque ! ), au nord de Kidal, fut un centre commercial très important. Ce caravansérail était le carrefour de rencontres de toutes les caravanes venant du nord pour se rendre au Soudan ( Bled el Soudan : le pays des noirs ).

El BEKRI , l'historien, la visita vers 1068 et nous la décrit comme une ville bien bâtie ," dont les habitants sont des Berbères musulmans , ont des dinars chauves parce que faits d'or pur frappé ".

Gravure extraite du livre de Monsieur Alpha Oumar et de Madame Ba Konaré " Grandes dates du Mali ".

Photographie extraite du livre de " Les Confrèries Religieuses Musulmanes "

de Octave DEPONT et Xavier COPPOLANI

Ce Soufi, cet homme divin , semble porter la "Khirqua " : humble livrée hors d'usage, plaisamment rapiècée.

La Khirqa tire son origine, d'après la légende, de l'enlèvement du Prophète au paradis, dans la nuit d'El-Mia'radj, par l'Ange Gabriel. Conduit par l'Ange dans un palais merveilleux. Mahammed prit dans un coffre renfermant des vêtements de divers couleurs, plusieurs de ces vêtements qu'il distribua plus tard, après les avoir portés lui-même, à ses disciples préfèrés qui les passèrent ensuite à leurs successeurs. ( Note de O. DEPONT et X. COPPOLANI )

Note : Le Prophète aurait initié ses deux plus proches compoagnons : ABOU BAKR premier Calife et ALI son cousin et gendre, aux secrets de l'élévation spirituel et de la quête du sens caché du message Coranique , ils sraient les premiers transmetteurs des doctrines ésotériques de l'islam.

Ces missionnaires étaient des Faqirs ,des Soufis et autres Mahbouls venant du Maghreb. Ces anachorètes, ces thaumaturges rencontrèrent des peuples fétichistes et ils prirent peu à peu possession de leurs coins de terre sanctifiée, notamment les tumuli : les " MZARA " , redjems et idebnans.

Au second plan un tumulus à cratère : un MZARA

 

Ces " MZARA " sont des dolmens à cratère renfermant le corps des anciens. Ces fétichistes pensaient que les Saints Hommes, juchés sur ces promontoirs vénérés, avaient un rapport privilégié avec leurs ancestres. Ces idolâtres suivirent les recommandations des missionnaires et acceptèrent les préceptes du Livre Saint : " el CORAN "

Contribuèrent à l'islamisation de ces tribus primitives : les CHORFA , c'est à dire des descendants d'Ali, et de Fatima Zohra. (respectivement, le gendre , et la fille préférée du Prophète MAHOMET ).Ces CHORFA venaient du nord : de Fèz et de la Seguiat el Hamra.

Les CHORFA s'allièrent à ces Berbères et donnèrent naissance à de nouvelles tribus que l'on appelle : maraboutiques. Cette nouvelle aristocratie, par sa filiation avec le Prophète MAHOMET et par son expérience en matière coranique, s'imposa et supplanta la vieille chefferie locale.

Dans l'Adrar des Ifoghas la socièté traditionnelle se divisait , en substance, en trois groupes :

A- Les classes de la socièté blanche :

1) Les nobles ou Ilellan : Ifoghas ( d'origine chérifienne), Idnanes, Taghat- Mallet...

2) Les vassaux ou Imghad (d'origine plébeienne ) : Kel Ghella ...

3 ) Les religieux ou Ineslemen : Kel Essouk, Dad-Echegh...

B - La socièté noire :

1) Les serviles - 2) Les esclaves - 3) - Les affranchis - 4) Les mulâtres

C - Les artisans ou inhéden :

Les forgerons

Source : Mémoire de fin d'Etudes présenté et soutenu par : EGHLEZE AG FONI

 

 

 

Les descendants de ces tribus nobles, se qualifient de tamasheq , puisqu'ils parlent cette langue berbèrophone : la tamasheq . Et surtout parce qu'ils sont unis à ces vieilles souches berbères.

Peu à peu se substituèrent à ces Marabouts, ces Saints Hommes, ces Ulémas : des Confrèries , ( Qadria, Tidjani, Bakkaia...)

L'Islam ne sut pas toujours enrayer complètement les usages séculaires de ces néophytes . L'Islam chercha néanmoins à les niveler, et parfois à les assimiler en les couvrant du manteau de l'Islam

C'est ainsi qu'afin d'éviter toute nouvelle tentative d'idolâtrie, ces religieux , prêchant l'unicité de Dieu, rehaussèrent les gravures rupestres et pariétales, de versets du Coran, et fustigèrent la légende d' Amamellen : héros mythique et pour certains, ancêtre des Touareg. ( " Mission Saharienne " FOUREAU - LAMY : page 66 ) - ( ROSET j.p. : gravures rupestres dans l'Aïr - NIGER)

Mais des Touareg gardèrent en secret le culte des Anciens , et aujourd'hui encore, on parle, dans l'Adrar, d'Amamellen qui grava avec son sexe les inscriptions rupestres et pariétales .

Dans son livre " Aventure Aérienne ", William Seabrook nous décrit sa rencontre, dans les contreforts du Hoggar (près du Bordj Etienne), avec ces adorateurs du Phallus (symbole mâle de la procréation ),"

 

 

.et Monsieur J.C. HUMBERT relate dans son livre : L'Oeuvre du Colonel Carbillet au Sahara - 1927 - 1940, page 23 : "...Il ( le commandant Carbillet ) connait tout le bled, et, soudain, il nous raconte inlassablement les plus curieux détails sur les moeurs du désert et les survivances du culte phallique dans la région de Djanet ..."

Ces adorateurs d'Amma, William Seabrook les rencontra aussi dans les falaises à l'Est de Bandagiara, chez les Dogons. Ce dieu créateur des Dogons, ( L'oeuf cosmique ) conçut le premier " Esprit Forgeron ".

( Forgeron = Mellen chez les Touareg ).

 

photo de la collection Lucien Crouzet

Lorsqu'en 1907, le lieutenant Maurice CORTIER de l'Infanterie Coloniale traversa l'Adrar des Iforas ,il découvrit ces tifinagh, et parmi celles-ci, un poème adressé au plus illustre des Touareg : Moussa ag Amastan. Ce futur Aménokal avait suivi dans l'Adrar , les préceptes du vénérable Kounta Baye.

 

 

La femme Touareg soucieuse de la pérennité de la tradition, continue à enseigner à ses enfants, notamment à ses filles, les tifinagh et la tamasheq, avec beaucoup d'espoir : celui de ne pas perdre leur identité.

 

(voir notre vitrine bijoux Touareg)

Certaines parures, ornements, et bijoux furent captés par l'Islam.

,Certains de ces bijoux rappellent un très lointaine passé.

Ci-dessus , "la Khomessa " ou " Alghoumaïssa ", portée par les femmes de l'Adrar des Iforas et de Kidal .

Peut-on y voir la stylisation d'un autre bijou , "La Roumessa" portée par les femmes Tunisiennes

"La Khamsa " : une protection contre le mauvais oeil ,ou le SIGNE DE TANIT ?.

Ci-dessous, un " talisman ", un "symbole de la providence " représente la main de Fatima ( seule représentation humaine autorisée par l'Islam, notamment au Maroc ). rappelle également la main de Tanit , déesse vénérée pendant des siècles par les Carthaginois.

Les Islamologues ont cru retrouver dans un certain nombre de hadiths un interdit qui justifierait l'absence de l'image dans l'Art de l'Islam : " Celui qui fabrique une image, Dieu le punira jusqu'à ce qu'il insuffle une âme ; ce qu'il sera à jamais incapable de faire ".

( cfr. : ORIENTS CHRETIENS de Mahmoud ZIBAWI )

 

 

 A gauche à côté de TANIT -LABRYMORPHE,

la main de TANIT -TRIOMPHANTE

 

 

 

A droite, la main de FATIMA.

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon la thèse d'Henri LHOTE...On peut penser que Carthage a joué un rôle au Sahara.

 

 

Henri LHOTE dit en substance : " le tifinagh, l'écriture des Touareg actuels est un dérivé du libyco-berbère, lequel est considèré, comme un dérivé du punique...Ces Carthaginois l'introduisent en Afrique du Nord ... "

 

 

 

 

 

TEMHAI ... sous le signe de Tanit ?

Photos de la collection Lucien Crouzet

René POTTIER poursuit dans son livre : Histoire du Sahara :

"A Ouargla, au dessus de nombreuses portes, existe une curieuse figure géométrique que l'on appelle ......"le Signe de Tanit ".

" Elle se compose essentiellement d'un cercle d'où partent, à la partie inférieure, deux traits en forme de V majuscule renversé. Survivance d'un culte érotique , elle représente un sexe féminin et les jambes écartées; la preuve en est que le ccntre du cercle est souvent occupé par un bol ou une assiette : lorsqu'une jeune fille de la maison se marie, on brise cet ustensil ménager à coup de pierre, symbolisant ainsi le sacrifice de la virginité à une divinité supérieure"

 

 

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